HISTOIRE DE L'USINE

 

Le Fondateur : Paul CHARNOZ

 

Paul Charnoz est né en 1845 à Metz et mort en 1927 à Marseille.

 

 

 

 

 

Marié en 1872 à Dresde en Sarre à Marie Grudzinska Gralfigny, comtesse polonaise.

 

Avant de créer son entreprise en 1877 à Paray-le-Monial Paul Charnoz ingénieur chimiste céramiste a travaillé chez son père Jules Charnoz directeur de la faïencerie Boch Frères à Dresde en Saxe.

Le choix du site a été guidé par :

- Sa position stratégique, terrain enserré entre le canal du centre créé en 1793 et le chemin de fer créé en 1867.

- La richesse des carrières d’argile de très grande qualité situées à Paray et le long du canal du centre (axe Chalon/Saône – Digoin).

- Le charbon en provenance de Montceau-les-Mines, à 40 km de Paray-le-Monial.

 

 

Les matières premières seront donc acheminées principalement par voie d’eau et chemin de fer, les produits finis prendront le même chemin.

 

Pour conclure son choix Paul Charnoz trouve en la ville de Paray le Monial "… une cité accueillante, Paray est une ville bien habitée… c’est un grand jardin. Le terrain est encore dans la ville, très bien situé personnellement. Pour les enfants un collège tenu par des prêtres séculaires, un pensionnat de Jésuites formidables. Je considère cette affaire sous tous ses rapports comme extrêmement avantageuse. J’aurai la foule des ecclésiastiques et religieux de tous ordres qui visitent Paray et qui sont les plus gros et les meilleurs consommateurs de notre produit…"

(extrait de la lettre de Paul Charnoz à son épouse en septembre 1877).

 

Tous les ingrédients sont donc réunis pour qu’il implante cette fabuleuse entreprise; tout est là !

La fin du 19ème siècle est l’âge d’or de l’industrialisation en France.

 

Partout dans le pays c’est la grande révolution industrielle : Schneider au Creusot en Saône et Loire, les filatures du Nord, la métallurgie, les chemins de fer, etc...

Tous les jeunes loups de l'époque se lancent dans l’aventure industrielle et cette nouvelle "donne" va complètement  bouleverser l’architecture sociale d’un pays jusque là,  essentiellement rural.

 


Très vite Paul Charnoz met au point les célèbres carreaux dessinés par incrustation dans l’ épaisseur qui vont faire la renommée de Paray. En 1886 une cinquantaine de personnes travaillent à la manufacture.

Il faut la passion de l'art et du feu, déployer une somme incommensurable de volonté et de persévérance, avoir un personnel hautement qualifié, effectuer des centaines d'essais souvent décevants avant d’ obtenir la consécration aux Expositions Universelles de 1889 et 1900.

 

 

Malheureusement, ces fabrications de luxe ne sont guère rentables. Le carreau de grès cérame dessiné de Paray le Monial, dont la richesse des coloris, le fini, la perfection ont fait école partout, était trop complexe pour être fabriqué industriellement.

 

Vers 1891, la Société "Utzschneider-Jaunez" rachète l’usine. Un groupe se constitue peu à peu le site s’étend sur près de 5 hectares. Paul Charnoz continuera ses créations jusqu’en 1915. Progressivement on passe à une fabrication rationnelle et industrielle.

 

De 1914 à 1918, pendant la Grande Guerre, la pénurie de main d'œuvre (et pour cause), les difficultés de livraison et d'approvisionnement en combustibles mettent les fabrications en sommeil. Pendant cette période, l'usine travaille pour la Défense Nationale et produit des blocs antiacide destinés aux poudreries.

 

Atelier des presses en 1900

 

Après la guerre, pour les besoins de la reconstruction, il y a une forte demande de produits.

C'est en 1921 que le groupe de 6 usines constitué par Edouard Jaunez prend le nom de COMPAGNIE GENERALE DE LA CERAMIQUE DU BATIMENT, qui deviendra beaucoup plus connue sous le nom de CERABATI.

Pour loger son personnel dans les meilleures conditions possibles, CERABATI construit en 1922 la cité Edouard Jaunez qui abritait plus de 100 familles, avec pour l'époque le maximum de confort et de commodités.

Avant guerre un service social semble-t-il se met en place avec les premières colonies de vacances, cantine etc.

 

En 1946 le service social s’officialise dans l’entreprise avec un poste d’infirmière assistante sociale. (Soins infirmiers sur place ou à domicile) ;

 

 

 

Soutien administratif et financiers aux familles en difficulté ;

 

 

Colonie de vacances, crèche-garderie, bibliothèque, arbre de Noël etc.

 

 

 

 

La médecine du travail est mise en place avec un médecin attitré.

Livret de colonie 1947

 

Four rond à charbon

En 1923, la cuisson des carreaux est assurée par 6 fours chauffés au charbon (ils sont plus connus sous le nom de "fours ronds") et par un four tunnel de type Dressler, alimenté au gaz de gazogène.

 

Jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale l'entreprise poursuit une évolution relativement sereine, juste secouée par la crise économique de 1929 et les mouvements sociaux des grèves de 1936.

 

 

1940 : la guerre est là ! Et de nouveau les difficultés rencontrées lors de la guerre de 1914-1918, avec en plus l'occupation Allemande, ne facilitent pas les choses bien évidemment.

Pour venir au travail, et ne pas être en infraction pendant le couvre-feu, les rares personnes autorisées à circuler doivent être munies d'un "ausweiss" (laissez-passer).

Afin de maintenir une activité, l'entreprise se lance alors dans la fabrication de savonnettes.

 

 

Savant mélange d'argile, de sciure de bois, de soude caustique, et beaucoup de parfum de lavande (pas de première qualité …), ce qui permettait à cette alchimie, à défaut d'efficacité récurante, d’avoir une odeur agréable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Détail livre de comptabilité 1941

1945 : après la guerre et des conditions économiques effroyables, la nécessité de la reconstruction du Pays impose à l'usine des demandes de plus en plus fortes de production.

 

Vers 1950, l'effectif de l'entreprise atteint son apogée avec environ 900 personnes.

 

Alors l'accroissement de productivité va propulser CERABATI au premier plan des entreprises Françaises du carrelage industriel.

 

 

 

1955 : début de la mécanisation de l’atelier des Presses, four électrique.

Cette progression va permettre, et obliger modernisation et mutation profondes des techniques de fabrication qui verront leur aboutissement dans les années 60. L'accent est mis sur l'amélioration des conditions de travail.

A partir de 1958 les fours électriques remplacent progressivement les anciens fours à charbon.

1960-67 de nouveaux ateliers de préparation des matières premières sont installés.

Les années 60 sont resteront dans les annales comme les plus productrices.

Mai 1968 le personnel réagit, comme tout le Pays et participe aux mouvements sociaux.

Au début des années 70, une politique favorisant l'accession à la propriété, donne un regain d'activité dans le secteur du bâtiment.

Le premier choc pétrolier de 1976 annonce les années difficiles, que connaîtra le dernier quart de siècle.

 

Four électrique

 

 

Atelier des Presses en 1960

 

De fin 1970 à fin 1980, la demande du marché devient moins pressante, la concurrence des produits étrangers s’intensifie, la situation économique difficile ; ces facteurs ajoutés auront une incidence non négligeable sur l’emploi. L’entreprise commence à avoir des difficultés.

Début des années 90, après de dures épreuves, dans la conjoncture d'un marché morose et après une restructuration importante, CERABATI cède le pas à une nouvelle société, prenant nom de "PARAY CERAMIQUES".

 

 

 

 

2005, le 31 décembre, c’est la fin du carrelage à Paray le Monial

 

Le musée Paul Charnoz crée en 1993 est désormais le gardien de
cette mémoire Humaine et Industrielle.

 


 

Paul Charnoz, l'inventeur d'un bleu profond

 

Bleu !

 

"Un sale caractère, mais un talent fou".

 

C'est l'analyse que font les contemporains de Paul Charnoz, l'homme qui, il y a plus d’ un siècle, donné ses lettres de noblesse à la céramique de Paray-le-Monial.

 

Paul Charnoz a beaucoup bourlingué, géographiquement et professionnellement : fondeur de cloches à Louvroil, dans le Nord, il travaille ensuite chez Bosch (futur associé de Villeroy) et part à Dresde rejoindre l'atelier paternel.. Technicien et céramiste de génie, c'est aussi un scientifique passionné pour la température des couleurs et les phénomènes de retraits liés à la cuisson. il voyage beaucoup, d'entreprise en entreprise, passant d'un pays à l'autre, sans complexe.

 

Son savoir faire lui sert de passeport.

 

Au-delà du chef d'entreprise visionnaire, il y a le Paul Charnoz artiste, maniant l'aquarelle pour le plaisir mais aussi pour le travail. créé des décors, imagine des coloris, travaille sur leur cuisson et invente un bleu Paul Charnoz étonnant de profondeur jamais égalé et qui traversera le temps

 

 

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